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L'île anglo-normande d’Aurigny (Alderney) "Un camp de concentration tout près de chez nous A 15 km de nos côtes, les habitants d'Aurigny avaient presque tous quitté leur îlot avant l'occupation des îles anglo-normandes. Des fortifications y furent établies ; les travaux, dirigés par des militaires allemands de l'organisation Todt, furent effectués par des prisonniers russes. Obligés de travailler jusqu'à épuisement, ils moururent en grand nombre et plusieurs furent ensevelis dans le béton du " Mur de l'Atlantique ". II y eut aussi des requis : républicains espagnols raflés en France. 'Tchèques, Belges. Hollandais, Français. Ceux de France étaient des réfractaires du nord du département et un de Gavray, Stanislas Laquerre. Il disparut, ainsi que plusieurs autres, le 9 juillet 1944. dans le bombardement des navires qui les ramenaient vers Saint-Malo. Au début de juillet 1943, deux convois d'Israélites passèrent à Cherbourg, à destination d'Aurigny. Un troisième convoi les rejoignit au mois d'octobre suivant. Le camp de concentration " fonctionna " à 1.5 km des côtes de la Hague, recevant également des déportés politiques, des condamnés de droit commun. des résistants tels le Dr Buot, de Caen. Pas question de s'évader d'Aurigny. Robert Delannée réussit à rentrer à Cherbourg en se faisant passer pour malade. S'échappant de l'Hôpital Militaire. il se réfugia à Brécey où sa mère était réfugiée avec ses jeunes frères. Recherché dans cette région, il partit vers Saint-Malo. En juillet 1944, il y retrouva un autre requis d'origine cherbourgeoise, évacué d'Aurigny :John Letellier. Tous deux rejoignirent Brécey et ensuite participèrent à la mission Helmsman " . En 1984, le maire de Cherbourg a reçu une lettre d'un journaliste de la T .V. de Lvov, au sujet d'un Ukrainien, interné à Aurigny qui, évadé de Cherbourg, avait rejoint les partisans français. Nous n'avons pu retrouver dans le département la trace de " Stepan " Laurentievitch Gannotchka. Peut-être les cheminots l'ont-ils aidé à rejoindre un maquis d'un autre département ? Un rescapé témoigne Les déportés raciaux d'Aurigny étaient des Israélites mariés à une aryenne. C'était le cas d'Albert Mendelbaum qui tenait un commerce de nouveautés à Avranches. Arrêté une semaine après les Mainemer, il fut détenu à Saint-Lô jusqu'au I I septembre 1942, puis à Drancy jusqu'au 10 juillet 1943 ; de là à Querqueville, puis Aurigny où il arriva le 10 août 1943. Les travaux du Mur de l'Atlantique étant achevés, le 8 mai 1944, il fit partie d'un groupe de déportés emmenés par bateau à Boulogne-sur-Mer, en attendant leur transfert en Allemagne. Le 13 juin 1944, sa femme, née Bailleul, le fit évader ; tous deux se cachèrent à Boulogne, puis à Paris, jusqu'à la libération de la capitale, et rentrèrent à Avranches le 3 septembre 1944. Albert Mendelbaum décéda en 1958." Source: Livre sur la Résistance en Normandie Autres sites: http://www.matisson-consultants.com/affaire-papon/contributions/dossier04.htm Aurigny, l'île bagne: http://aurigny.e-monsite.com/ |