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18 Juin 1940 - 18 Juin 2000

 

Témoignage de Mr Yves Le Bras, Président F.F.L d'llle et Vilaine

Je n'ai pas entendu l'appel du 18 juin 1940.

Ce jour là j'ai tout de même quitté Brest d'où l'escadre venait d'appareiller.

Après un rapide passage à Plymouth j'étais le 20 juin, en banlieue de Londres, dans un ensemble scolaire où étaient regroupés les civils en provenance des ports de la Manche et de l'Atlantique

C'est ici que dans les derniers jours de juin, des officiers sont venus nous parler du général de Gaulle et nous proposer de le rallier.

Notre réponse fut une vibrante Marseillaise dont les paroles en cette circonstance avaient grande signification: "Aux armes citoyens - Formez vos bataillons ".

Nous avions conscience de prendre un engagement important et nous avions tout lieu d'envier les autres alliés de la Grande Bretagne dont les gouvernements réfugiés â Londres continuaient !a guerre alors que celui de Vichy demandait !'Armistice.

Tandis que !a majorité des militaires français rentraient en France ou en Afrique du Nord- les volontaires pour la Marine et l'Aviation s'étaient regroupés auprès de nos alliés dès l'été de 1940 et ils avaient continué de le faire sur toutes les Mers, sous tous les cieux y compris ceux de Russie.

L'armée de terre s'était installée dans un camp près d'Aldershot et nous étions 3000 volontaires lorsque le général de Gaulle est venu présenter, le 24 Août, sa petite armée du roi George " A la voir, écrit le Général, on pourrait reconnaître que le tronçon du glaive serait fortement trempé, mais, mon Dieu qu'il était court."

Une semaine plus tard, sur ces 3000 hommes d'Aldershot,1500 embarquaient à Liverpool sur 2 paquebots hollandais : le Westernland et le Penland, rejoints par le général de Gaulle en personne. II y avait là une brigade miniature : des fantassins (en majorité des légionnaires de la 13° Demi-Brigade de retour de Norvège), des artilleurs, des blindés, du Génie (avec Roger Leprince et Bernard Lucas ici présents), du train (François Guénard) et même une compagnie de fusiliers-marins dont je faisais partie. Un quart de notre effectif était constitué de jeunes de 18 à 20 ans arrivés civils en Angleterre depuis un peu plus de deux mois. C'est dire que nous n'étions pas très aguerris, mais comme l'on dit communément, il fallait faire avec.

On trouvait dans cette petite unité des éléments de base de ce qui est devenu plus tard la 2ème DB dont la réputation n'est plus à faire et aussi de la 1° Division Française Libre moins connue de la France profonde qui s'est battue en Afrique noire, en Erythrée, au Moyen Orient, en Libye (Bir-Hakeim), en Egypte (El-Alamein), en Tunisie, en Italie et en France : 90000 km parcourus.  4000  morts, des chefs prestigieux, le Maréchal Kœnig dont une place de Rennes porte le nom et le Général Brosset mort dans un accident au volant de sa jeep en pleine bataille le 20 novembre 1944.

La France Libre, c'était aussi les réseaux qui oeuvraient sur le territoire de la métropole avec tous les risques que cela comportait et aussi la Marine marchande si souvent oubliée.

Les Français Libres s'étaient regroupés en association en 1945. Cette association disparue aujourd'hui, est remplacée par une Fondation qui a à Rennes un mandataire et une organisation permettant d'assumer localement les responsabilités actuelles de l'Association des Français Libres.

La fondation a une durée illimitée. Elle a pour but d'assurer la pérennité des traditions, des valeurs morales et de l'idéal de la France Libre telle qu'elle fut créée par le général de Gaulle à son appel du 18 juin 1940.

La ville de Rennes et nous l'en remercions, garde le souvenir du Général de Gaulle.

Une esplanade et une station du Val porte le nom du Général de Gaulle

Longue vie à la fondation de la France Libre

Vive la Paix

 

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  Dernière mise à jour: 02/01/2005  

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