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René MARTIN

(1923-2009)

  

         René Martin est né à Rennes le 21 juin 1923. Comme beaucoup de jeunes à cette époque, René n’accepte pas l’occupation de son pays. En 1942, devant la menace d’être envoyé travailler en Allemagne, il prend le maquis et rejoint la Résistance dans le département des Côtes-du-Nord, dans la forêt de la Hunaudaye. Il revient en Ille-et-Vilaine rejoindre les rangs des FTP sous les ordres du Commandant Pétri.

         Il participe à de nombreuses missions : transport et diffusion de tracts, récupération de fonds pour ravitailler le maquis. Il prend part également à des actions de sabotages d’installations utilisées par l’occupant nazi.

         En 1943, l’activité des FTP est importante dans les Côtes-du-Nord et en Ille-et-Vilaine, à Rennes, Dinard, Saint-Malo, Combourg, Dol, Pléchâtel, Goven, Fougères. De leur côté, les polices allemandes et la police française du gouvernement Pétain, la SPAC de sinistre mémoire, traquent ceux qu’ils appellent les « terroristes ». Des centaines d’arrestation ont lieu pendant cette période.

         René Martin est arrêté le 5 décembre 1943 et incarcéré dans la prison de Vitré.

         En 1944, les lieutenants de Pétri, Jean Marguerite de Saint-Malo et Jean Guérillon de Pléchâtel sont arrêtés et enfermés dans la prison de Dinan. La décision de les libérer est prise. Avec la complicité de certains gardiens, une dizaine de FTP réussissent à franchir le mur d’enceinte et neutralisent les gendarmes qui n’opposent pas de résistance.

         Enhardi par la réussite de cette opération, le Commandant Pétri décide d’attaquer la prison de Vitré où de nombreux Résistants sont enfermés. Mais il faut faire vite. Le 20 avril, les responsables du mouvement sont avertis que les prisonniers doivent être, très prochainement, transférés pour être jugés à la Cour Spéciale qui siège à Angers.

         Après avoir reconnu les lieux le 28 avril, l’opération de libération a lieu dans la nuit du 29 au 30 avril 1944. Au moyen d’une échelle de corde, le mur d’enceinte est franchi. Un Résistant, revêtu d’un uniforme de gendarme sonne à la porte du bâtiment central. Au moment où le gardien ouvre la porte, il est neutralisé. Surpris dans leur sommeil, les gendarmes effrayés par le nombre de Résistants et par leurs armes se rendent sans problème.

         C’est ainsi que René Martin et ses camarades de détention retrouvent la liberté. Après 24 heures de repos dans une planque préparée à l’avance et après plusieurs jours et nuits de marche, il rejoint le maquis de Broualan puis celui de Lignières-la-Doucelle dans le département de la Mayenne.

         Dans ce maquis, René Martin participe à des combats contre des SS puissamment armés, particulièrement à proximité de la ferme de la Gérarderie où des pertes importantes sont infligées à l’ennemi. Les pertes parmi les FTP sont également très lourdes.

        

         Après la libération du territoire, René revient à Rennes travailler à la SNCF. Il fonde une famille où naissent 6 enfants qui lui donneront 17 petits-enfants qui l’ont rendu pleinement heureux.

 

         Il décède en janvier 2009.

 

 

                                                                  Guy Faisant et Renée Thouanel