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François Malard est né le 16 novembre 1890 à Bonnemain (Ille-et-Vilaine). Il est le fils de Marie Joséphine Coquerel et de Charles Malard son époux. Il habite au 9 rue des Bouleaux à Paray-Vieille-Poste (Seine-et-Oise / Essonne) au moment de son arrestation. Il est ouvrier soudeur aux PTT à Paris.

Mobilisé pendant la guerre de 1914-18, François Malard se marie en 1920 à Paris XIIIème, il est père d’un enfant.

Il est élu conseiller municipal sur la liste communiste de Paray-Vieille-Poste en 1935: il adhère au Parti communiste 2 ans plus tard.

Le 5 octobre 1939 le maire Léon Bertrand et tout le conseil municipal sont suspendus: à partir du 20 novembre 1939 et pendant toute l’Occupation, la commune est «administrée» (délégation spéciale présidée par M. Chrétien, puis par Marcel Souillat jusqu’à la Libération de Paray, le 24 août 1945).

Le maire est arrêté le 24 octobre 1940, par la police française, en même temps que l'ensemble du Conseil municipal (cinq d’entre eux seront déportés à Auschwitz: François Malard, Henri Dugrès, Marcel Ouvrier, Eugène Tartasse, Marcel Vaisse. Ces arrestations ont lieu dans le cadre des rafles organisées à partir du 5 octobre 1940 (avec l’accord de l’occupant) par le gouvernement de Pétain à l’encontre des principaux responsables communistes d’avant-guerre de la Seine et de la Seine-et-Oise (élus, cadres du parti et de la CGT) avec la remise en vigueur du décret du 18 novembre 1939 sur «l’éloignement des suspects et indésirables».

François Malard est interné le 24 novembre 1940 au camp d’Aincourt, en Seine-et-Oise, ouvert spécialement, le 5 octobre 1940 pour y enfermer les militants arrêtés. Le maire Léon Bertand est déporté en Algérie. À Aincourt François Malard «s’y montra un des militants communistes les plus fidèles et les plus actifs. C’est pourquoi il fut désigné comme otage et transféré le 27 juin 1941 à Compiègne, à la disposition des autorités d’Occupation » (Notice du Maitron). Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Il est transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122)

François Malard est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

François Malard est enregistré à l’arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro matricule 45518. Il meurt à Auschwitz le 17 septembre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 766). Cent quarante huit «45000» ont été déclarés décédés à l’état civil d’Auschwitz les 18 et 19 septembre, ainsi qu’un nombre important de détenus d’autres nationalités : il est probable qu’ils sont tous morts gazés à la suite d’une vaste «sélection» interne des «inaptes au travail», opérée sans doute dans les blocks d’infirmerie

Son certificat d'état civil établi en France à la Libération portait la mention «décédé le 15 mars 1943 à Auschwitz (Pologne)». Depuis la mention «Mort en déportation» a été apposée sur son certificat de décès (arrêté du 9 août 1989/ JO du 29 septembre 1994) et surtout le certificat d’Arolsen portant la date de décès du 17 septembre 1942 a été apposé sur son acte de naissance

Le nom de François Malard figure sur le monument aux morts du cimetière de Paray, ainsi que sur le monument «Aux Héros de la Résistance 1940-1945», place Maxime Védy, avec celui de 12 autres de ses camarades, fusillés ou mort(e)s en déportation. A l’initiative du maire Léon Bertrand revenu de déportation en Algérie, une rue porte son nom depuis octobre 1944.

 

Sources

  • Correspondance avec Mme Janine Henin professeur d'Histoire, dont les courriers et l’envoi d’informations ainsi et d’une partie de la maquette du livre «Paray d'hier et d'aujourd'hui» / Collectif, Henin (J.), coord. Ville de Paray-Vieille-Poste, 1988, m’ont permis de relier François Malard au convoi des «45000»

  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp

  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom édition 1997 et Tome 35, page 203, notice rédigée par Nadia Tenine-Michel.

  • Liste du Mouvement de Libération Nationale: dossier AU2

  • Mémoire de maîtrise d’Histoire sur Aincourt d’Emilie Bouin- Juin 2003 - Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines / UFR des Sciences sociales et des Humanités

  • © Site Internet Mémorial-GenWeb

  • © Site www.mortsdanslescamps.com

  • © Archives en ligne d’Ille et Vilaine.

Biographie rédigée en août 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).

Source: http://politique-auschwitz.blogspot.fr/2011/08/malard-francois-celestin-emile.html

 

 

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