Liste des biographies

Edouard et Georges Legourd

Résistants Déportés

"Georges Legourd, (né le 29 avril 1927 à Saint-James(50) jeune mécanicien qui travaillait au garage Renault. géré par M. Joseph Huard, entretenait, lui aussi, des contacts avec Julien Lamanilève. il n'avait que 16 ans, mais il était déjà animé par une volonté de résistance peu commune. En juillet 1943, il réussit à convaincre Julien de le laisser adhérer aux F.T.P.F.

            Tout seul, il se mit au travail. Il profita des transports commandés, effectués pour le compte des occupants, pour repérer les véhicules stationnés dans la campagne environnante : camions, chenillettes, tanks. Chaque fois que c'était possible, il revenait de nuit et démontait des pièces maîtresses (carburateurs, delcos, etc.). Chaque immobilisation de véhicule le comblait de joie.

            Un soir, il fut surpris auprès d'une chenillette, alors qu'il venait de mélanger du sucre à l'essence du réservoir. Il se glissa sous la chenillette et y resta blotti sans bouger pendant deux heures, pour éviter les Allemands en alerte, recherchant aux alentours l'ombre qu'ils avaient entrevue. Heureusement pour Georges, ils n'avaient pas de lampe électrique ! De la même façon, il subtilisa aux Allemands des armes légères et des munitions. il fabriqua à l'atelier, pour Lamanilève, des " tourne-à-gauche " destinés à déboulonner les rails.

            Une sorte de triangle, Saint-Hilaire-Fougères-Saint-James, se mit à fonctionner à partir de décembre 1943. Ce fonctionnement est illustré par le fait suivant, qui prend place en janvier 1944 :

            Les F.T.P.F. d'Ille-et-Vilaine ont besoin d'une voiture pour assurer les liaisons entre les groupes. Leur responsable Pétri charge Julien Lamanilève de résoudre ce problème. Georges Legourd, qui opère à ce moment-là sur Saint-Hilaire, " prélève " une voiture dans un garage de la Place Nationale, la conduit immédiatement à Fougères, pour son frère Édouard , qui travaillait dans un garage de la ville. Mais Édouard est arrêté.

            Entre-temps, à la suite d'un cambriolage de tickets d'alimentation, opéré en mairie de Beaucé, près de Fougères, les gendarmes emprisonnent Georges Legourd, le l er février 1944.

           Il devait subir, avec son frère. le sort habituel des résistants arrêtés : coups et tortures par les agents du S.P.A.C., prison de Fougères, prisons de Rennes et Angers, puis le camp de Compiègne, avant celui de Neuengamme. Matricule: 33534. (Convoi du 4 juin 1944). Quand il revint, pesant 29 kg, sa santé était gravement altérée et il mit longtemps à se remettre de son internement" 

 (LEGOURD Edouard, né le 9 juin 1924 à Montfort-sur-Meu (35). Il est déporté le 4 juin 1944 de Compiègne vers le KL Neuengamme (Matricule: 33541). Autre lieu de déportation: Watenstedt-Salzgitter, Ravensbrück où il est libéré le 30 avril 1944.)

 

Source:

La Résistance dans la Manche: Louis Debon et Louis Pinson

    accueil-mdg1.gif (1380 octets)