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Yvonnick LAURENT

 27/11/2016

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Roger Levenette raconte:

"Le cas d'Yvonnick LAURENT est un peu particulier . Pour beaucoup, il a refusé de donner nos noms, sous la torture et c'est vrai. Mais il ne pouvait les donner, puisque n'étant pas membres de notre groupe, il les ignorait. Cependant les miliciens n’avaient pas ménagés leurs forces en utilisant des liens à vaches auxquels ils avaient fait des nœuds, et qu’ils avaient trempés dans l’eau pour le frapper jusqu'à la mort. Œuvre dont ils étaient si fiers qu’ils avaient caché son cadavre sous un tas de fagots.

Le jour où la milice fit sa descente et arrêta Yvonnick Laurent, trois autres maquisards, couchés sur du foin dans une grange, donc pas dans la même pièce, tentèrent de s'enfuir dont un (Bruezière) réussit, en arrosant les miliciens avec sa mitraillettes. Je dois dire que leur imprudence en venant boire avec leurs armes au bureau de tabac de Vieux Vy tenu à l’époque par notre facteur Adrien et sa femme Marie DI ne nous inspirait pas confiance. Nous nous posions des questions à leurs sujets, à savoir : " N’étaient-ils pas de la milice ?". La suite nous a démontré le contraire. Il s’agissait de jeunes, bravant tous les risques, et allant jusqu'à la provocation.

C’était de leur âge, j’aurai vraisemblablement agi pareillement si je n’avais eu des adultes m’encadrant et me faisant mesurer tous les risques qu’on pouvait prendre et faire prendre aux autres en agissant ainsi. Ce genre de bravade était gratuit , mais méritait cependant un "grand coup de chapeau" pour le courage et le culot qu'il fallait bien avoir pour oser le faire.

Cela faisait jaser, et comme je l'ai déjà dit, nous n'étions pas sans inquiétudes sur notre "devenir" de Résistants. Le travail de notre groupe préparant la Libération et agissant dans l’ombre était beaucoup plus important sans être pour cela moins risqué. Eugène LOGEAIS en a payé le prix avec sa famille et sa ferme brûlée. Nous savions tous qu'à n'importe quel moment, il pouvait nous arriver la même chose ou pire. L’Occupant n’avait pas que des ennemis au pays. Il y avait aussi des "collabos", même s'ils ne l'affichaient pas trop, ils n'en étaient que plus dangereux.

Voici le récit trouvé page 452 dans un livre de 800 pages environ, intitulé HISTOIRE DE LA MILICE et qui regroupe un certain nombre de témoignages de miliciens : " Le 8 juillet, à la "Roche-aux-Merles" des miliciens arrivés en voitures arrêtent et torturent pendant des heures, sous les yeux de plusieurs témoins, un jeune homme, Yvonnick Laurent. Mis torse nu et couché à terre, Yvonnick Laurent est flagellé au moyen d'une corde à nœuds que les miliciens trempent dans un seau d'eau. Le malheureux pousse des cris déchirants, mais refuse de répondre aux questions que ses tortionnaires lui posent. Les miliciens le font monter dans leur voiture et repartent. Le lendemain soir, le cadavre de Yvonnick Laurent, tué d'une rafale de mitraillette, est découvert dissimulé sous des fagots, dans une ancienne carrière, à quelques kilomètres de là. "

Il a bien fallu des âmes charitables pour dire à la milice ou à la Gestapo dans quelle ferme ces résistants se trouvaient. Car le fait qu'Yvonnick et ses camarades n'appartenaient pas à notre groupe ne veut pas dire qu'ils n'appartenaient à aucun réseau de Résistance.

Beaucoup de maquisards de Saint-Marcel (dans le Morbihan), de Saffré (dans la Loire Inférieure) ou de Broualan ( en Ille et Vilaine) ou d'ailleurs… ont dû se replier dans d'autres communes. Leurs maquis d'origine ayant été attaqué par les Allemands, ou par la Milice, ou par les deux, ces lieux étaient devenus trop dangereux pour eux. En s’installant à " La Roche-aux-Merles ", ils avaient fondé un autre groupe sous les ordres de " Loulou ", mais la règle pour des raisons de sécurité chez les FTP, était que les groupes ne se connaissent pas entre eux . Cela je l'ai appris récemment dans les confidences de "Loulou" éditées sous le titre "Les Hommes du Maquis" par la Fédération des Anciens Combattants Volontaires de la Résistance des régions Bretagne, Normandie, Maine.

Ces hommes étaient dans la ferme d'Eugène Logeais qui servait souvent de transit aux hommes du commandant Pétri selon ses besoins.

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Le monument en mémoire dYvonnick Laurent . Il se trouve dans le village de la Béderais à deux kilomètres de Vieux-Vy  (Du bourg de Vieux-Vy-sur-Couesnon   prendre la route en direction de Fougères. Descendre une côte au bas de laquelle on passe au dessus du Couesnon puis on en monte une autre avec des virages et qui traverse le village de la Béderais. C'est au niveau de la Béderais  à droite de la route qu'on aperçoit le monument d'Yvonnick.

 

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    Document sur la résistance au Vieux-Vy-sur-Couesnon.
Témoignage de Roger Levenette

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