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Liste des biographies

 

Jean KERVEVAN

 

 

 

Jean KERVEVAN est né le 22 Avril 1890 à Audierne Finistère
Ancien combattant de la Marine Nationale rattaché au port de Brest (1910-1914-service militaire 1914-1919- 1ère guerre mondiale)
Profession: Marin-pêcheur

Il est arrêté le 23 Mai 1940 à La Rochelle son lieu de résidence, pour ses idées politiques et ses activités syndicales

De là va suivre un long parcours:

Camp de Saint-Martin de Ré (17), du 24 mai au 4 juin 1940
Camp du Sablou (24), du 5 juin 1940 au 8 juin 1940
Camp de Saint-Germain-les-Belles (87), du 8 juin 1940 au 10 juin 1940
Prison Sait-Pierre à Marseille (13), du 11 juin 1940 au 24 juillet 1940
Camp de Chibron (83), du 24 juillet 1940 au 14 février 1941
Camp de Saint-Sulpice-la-Pointe , situé dans le département du Tarn, à 30 kilomètres au nord-est de Toulouse
.(81)
, du 16 février 1941 au 30 juillet 1944, date de son départ pour Buchenwald où il arrivera le 6 août 1944. A son arrivée il reçoit le matricule 75420 et reste au grand camp jusqu'en septembre 1944. Au camp il portait le triangle rouge avec un 'F'.
Aux environs du 15 septembre 1944, il part pour le kommando de Buchenwald appelé "Witten-Annen", il y restera
jusqu'à fin décembre 1944, date à laquelle il revient au grand camp.
Il est libéré le 11 Avril 1945 par les détenus avant l'arrivée de l'armée américaine commandée par le Général Patton

A la libération du camp il pesait 43 (ou 45) kilos pour 1m74
Vu son état de santé il est transféré du camp de Buchenwald à l'hôpital Goering à Eisenach (Allemagne) aux alentours
du 20 avril 1945 où il restera jusqu'aux environs du 20 mai 1945 où il sera transféré à l'hôpital international de Gotha
(Allemagne) en attendant son rapatriement par avion. Pendant ce séjour il a repris quelques kilos.
Il est revenu le 25 mai 1945, est passé par l'hôtel Lutétia. Lui a été attribué une carte de rapatrié, titre provisoire d'identité
catégorie DP (déporté politique). (Soit 5 ans et 2 jours après son arrestation).

A son retour à La Rochelle, Jean Kervévan a repris ses activités syndicales et politiques. Il a été élu au conseil municipal
de La Rochelle.
Il était titulaire d'une carte d'invalidité de l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre.
Il a reçu la médaille de la déportation et de l'internement au titre de 'DEPORTE'.

Jean Kervévan est mort le 27 décembre 1962 à La Rochelle où il est enterré au cimetière Saint-Eloi.


 

Fiche individuelle de déporté

 

Sources:
Livre mémorial des déportés de France p1356/1357 Tome II
Recherches familiales

  Histoire d'un dernier convoi, celui de Toulouse

I.252. Les hommes partis de Toulouse le 30 juillet 1944 et arrivés au KL Buchenwald le 6 août 1944
Les femmes et les enfants partis de Toulouse le 30 juillet 1944 et arrivés au KL Ravensbrück le 7 août 1944

Source: Livre mémorial des déportés de France/ Tome II, pages 1356-1357

Effectif recensé: 1 088 hommes 101 femmes
Matricules extrêmes: Au KL Buchenwald:
68961 - 70000 et 73387 - 75426
Au KL Ravensbrück: 49581 - 49780
Situations: Evadés pendant le transport: 1 0,1% - -
  Décédés pendant le transport: 1 0,1% - -
  Décédés et disparus en déportation: 288 26,5% 22 21,8%
  Rentrés de déportation : 633 58,2% 55 54,4%
  Situations non connues : 165 15,1% 24 23,8%

Le train qui quitte la gare Raynald de Toulouse le dimanche 30 juillet 1944 emmène, dans des wagons à bestiaux, des hommes, des femmes et des enfants, arrêté s par mesures de persécution et de répression. Ils entament alors un voyage d’une semaine jusqu’à Weimar.

La composition particulière de ce transport s’explique par les circonstances même de sa formation. Il s’agit, en effet, d’un transport d’évacuation de plusieurs centres d’internement de la région de Toulouse, organisé par des Allemands cherchant alors à quitter la ville face à la progression des troupes alliées. Ainsi, l’administration française, sous la pression de l’occupant, vide le 30 juillet le camp de Saint-Sulpice-la-Pointe, situé dans le département du Tarn, à 30 kilomètres au nord-est de Toulouse, et lui remet ainsi des centaines de personnes pour qu’elles soient déportées. Le même jour, d’autres arrêtés de répression, des hommes et des femmes, sont extraits par les Allemands de la prison Saint-Michel à Toulouse et du camp de Noé (Haute-Garonne), où de nombreux réfugiés espagnols ont été enfermés, pour être amenés à la gare Raynald. Ce vaste rassemblement de détenus touche également de nombreux juifs internés, par familles entières, surtout à la caserne Caffarelli.

La majorité des personnes de ce transport est donc originaire du Sud-ouest et a été arrêtée dans les départements de cette région. Le département où les arrestations sont parmi les plus nombreuses est celui de la Haute-Garonne,
celles-ci concernant à la fois des familles juives, des réfugiés espagnols et des résistants arrêtés sur dénonciation ou lors du démantèlement de groupes (Francs-Tireurs et Partisans Français, Corps-Franc Pommies, Armée Juive).
Mais des déporté s sont aussi arrêté s dans d’autres départements de la zone Sud et ils arrivent notamment dans le camp de Saint-Sulpice-la-Pointe du fait de la spécialisation des centres d’internement français. Parmi eux, citons le cas de près de 70 hommes originaires de la Savoie et de la Haute-Savoie. Ils sont arrêtés en février et mars 1944, soit au cours de démantèlements de groupes FTPF de la région, soit dans des rafles de représailles, comme celle d’Annecy du 13 mars 1944. Après quelques jours dans les prisons d’Annemasse ou d’Annecy, tous sont conduits dans le département de la Haute-Garonne.

D’autres résistants FTPF sont arrêtés dans les Bouches-du-Rhône et regroupé s au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe. Dans ce même département, le 4 janvier 1943, 25 personnes sont arrêté es par représailles, à la suite de l’attentat du Splendid Hôtel à Marseille. C’est donc dans la zone Sud que la très grande majorité des arrestations a lieu ; alors que celles de zone Nord concernent principalement des personnes classé es par les autorité s de Vichy comme des interné s administratifs et placé es en détention au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe. Il s’agit alors souvent de communistes, arrêtés dès 1939 et 1940. Presque un cinquième des arrestations connues sont d’ailleurs antérieures à 1943-1944, et concernent surtout ce type de détenus4. Les arrestations en 1944 sont toutefois majoritaires, notamment pour les juifs. L’imminence d’un débarquement allié , puis les dé faites enregistré es par les tro-upes allemandes, amènent à une recrudescence des actions résistantes armé es. Dans le département du Tarn, ce sont surtout des personnes ayant un lien avec les maquis locaux qui sont appréhendé es peu de temps avant le départ de ce train, de même que dans le département de l’Ariège, où 4 femmes de la famille Amardeil sont par exemple arrêté es à Loubens pour avoir hébergé des maquisards. Dénoncé es pour leurs activité s, elles sont gardé es comme otages par la Gestapo, jusqu’à ce qu’elles soient dé porté es.

Au total, ils sont 1087 hommes et 101 femmes -certains étant des enfants à quitter la gare de Toulouse en direction de l’Allemagne ce 30 juillet 1944. D’après une note sur ce transport émanant du Secours catholique international, en date du 18 décembre 1944, le train (numéro 1681.01) parcourt l’itinéraire suivant : Toulouse, Sète, Montpellier, Nîmes, Avignon, Orange, Valence, Chalon-sur-Saône et Dijon, où la population civile ravitaille en cachette les wagons qui sont à sa portée. Le train quitte le département de la Côte-d’Or le 3 août pour celui de la Haute-Marne. Des évasions ont lieu avant la gare de Chaumont. où le train s'arrête a nouveau. Il repart ensuite vers Lunéville (Meurthe-et-Moselle). Il arrive a la frontière du IIIe Reich le 4 août 1944 a midi. A partir de là, aucun arrêt significatif n'est signalé avant la gare de Weimar, le dimanche 6 août, où les hommes adultes descendent et sont transportés jusqu'au KL Buchenwald. Les femmes et les enfants restent dans le train et repartent jusqu'au KL Ravensbrück, où ils arrivent le lendemain.
Ils sont 1 080 a être immatricules au KL Buchenwald, sans suivre un ordre alphabétique. Le plus jeune. Bertrand Herz, a quatorze ans. Sur la liste de la statistique du camp, établie à l'arrivée du transport ils sont tous classés comme des Politische de différentes nationalités : alors que ce document se termine par un rappel des matricules des juifs précédés d'une croix.

108 numéros de matricule sont attribués au KL Ravensbrück, aux femmes comme aux enfants. Deux bébés ne sont âgés que de six mois. Tous ces enfants restent donc avec leur mère et se votent attribuer un numéro dans la même série.

Les hommes et les femmes se trouvant séparés, il faut dès lors distinguer leurs parcours respectifs.

Si certains hommes immatriculés au KL Buchenwald. le 6 août 1944. restent au camp central jusqu'à la libération, le 11 avril 1945. beaucoup sont emmenés très rapidement dans des Kommandos de travail. Ainsi, dés le 22 août, plus de 250 d'entre eux sont transférés vers le village de Walbeck. au Kommando de Weferlingen. également appelé Gazelle : ils doivent aménager les anciennes mines de sel pour y installer une usine souterraine devant soutenir l'effort de guerre allemand. Des transferts sont également organisés le 14 septembre vers le Kommando de Plômnitz-Leau, ouvert depuis la fin du mois d'août (près de 200 déportés), ou vers ceux de Langenstein (48 déportés) et de Witten-Annen (une cinquantaine de déportés). Si les transferts vers d'autres KL (Dachau. Flossenburg. Mauthausen et Neuengamme principalement) sont relativement peu nombreux, près de 70 personnes de ce transport sont par contre dirigées vers le camp de Dora.

On ne connaît qu'approximativement le parcours des femmes et des enfants à partir du KL Ravensbrück. La plupart semble rester au camp jusqu'à la libération : celle-ci étant anticipée pour au moins une dizaine d'entre elles, grâce à l'intervention de la Croix-Rouge, le 22 avril 1345. Mais. durant ces dernières semaines de fonctionnement du camp, beaucoup sont transférées aux KL Bergen-Belsen et Mauthausen.

Par ailleurs, il faut relever le taux encore important des situations non connues (16,2 %), qui rend difficile, en l'étal actuel des recherches, de savoir exactement quelle proportion exacte d'hommes et de femmes de ce transport, particulier a plus d'un titre, sont rentrés de déportation.


Thomas Fontaine. Manuel Maris. Guillaume Quesnée
 

 

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