Liste des biographies

Pour enrichir la mémoire du passé, je recherche tout témoignage sur les prisonniers de guerre et  sur des faits de Résistance  en Bretagne avec documents   write5.gif (312 octets)

 

Joseph KASCHA, un Polonais à Liffré

 Injustement condamné pour meurtre d’un capitaine allemand

 Kascha est né en Pologne, à Tivorkan, le 29 mai 1883. Il se marie à Liffré avec Marie Monnerie, le 20 juin 1917. Il exerce la profession de tailleur. Sa femme est institutrice. A l’époque de l’Occupation, lors de la seconde guerre mondiale, il exploite, à la Martois,  une petite ferme de deux hectares, qui  lui procure un petit revenu.

Le 14 juin 1944, sa vie bascule dans un monde cauchemardesque. Lui, qui est âgé de 61 ans,  se fait arrêter à Liffré, par la Milice Perrot, à son domicile de la Marpès. Les agents de la Milice prétextent qu’il aurait participé au meurtre d’un capitaine allemand, quelques jours plus tôt, dans la forêt de Sevailles, à Liffré.

Aucune preuve n’est apportée et Joseph Kascha, innocent, va subir les tortures que vont lui infliger les miliciens. A partir du mois de juin,  ceux-ci, venant de Rennes, procèdent à de nombreuses arrestations dans le pays de Fougères.

Kascha est conduit au siège de la Milice, à Rennes, rue d’Échange. Il est ensuite dirigé au camp Margueritte. Deux prisonniers, résidant à l’infirmerie,  se souviennent d’un homme calme et dévoué, d’un âge avancé, qui était employé à la réfection du matériel de couchage.  Sylvain Pradeau, devenu, par la suite, Inspecteur Principal de l’Enseignement technique et le Docteur Leduc, responsable de l’infirmerie, élu maire de Morlaix dans les années 1954, apporteront des témoignages similaires.

Le 2 août 1944, il est transféré à Belfort avec d’autres détenus, par chemin de fer.

Il revient à Liffré, le 16 octobre 1944, dans des circonstances qui n’ont jamais pu être éclaircies. Ce qui est certain, c’est que Kascha n’a jamais tué l’officier allemand et qu’il a été victime de tortures, « domaine d’excellence » des miliciens. Avec la perspective de la Libération, la répression se durcit terriblement, avec beaucoup de brutalités et de violences.

Daniel Heudré

 

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