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Rose-Marie JAN

Résistante, membre du mouvement du Front national de Redon

        

Rose-Marie JAN voit le jour le 17 août 1907 à Gosné en Ille-et-Vilaine.

Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, elle est institutrice à Redon. Elle a eu pour collègue Thérèse Pierre qui a été ensuite une valeureuse Résistante à Fougères. Ses idées et son patriotisme sont connus, aussi, en février 1943, quand Alfred Leroux et Jean Racapé veulent créer un comité local du Front National de Libération de la France à Redon, ils s’adressent à elle.

Aussitôt, elle accepte et, très vite, elle prend contact avec des amis à elle, des collègues enseignants et, peu à peu, par un effet de boule de neige, le groupe grossit et s’organise. Quelques mois après cette première visite, le groupe est fort de 250 membres.  Parmi, les personnes les plus actives, nous pouvons citer M. et Mme Leblanc, M. et Mme. Moulin, M. et Mme Deplantay, M. et Mme Leblay et leur fille Aimée qui sera agent de liaison…  

 

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Alexis Moulin M A. Moulin Marcel Deplantay Alfred Leroux

Elle participe également à la formation de groupes FN à Allaire, Rochefort-en-Terre, La-Gacilly, Pipriac…

Elle diffuse  la presse clandestine de l’organisation : « La France Unie », « le Pays Gallo » et de nombreux tracts. Elle transporte elle-même ces journaux et ces tracts malgré tous les risques que cela comporte.

Elle prend contact avec le groupe F.T.P.F. de Bain-de-Bretagne.

Régulièrement, malgré les risques, elle héberge chez elle, des Résistants, des responsables départementaux, régionaux ou inter régionaux comme Jean Racapé, Alfred Leroux, Bergeon…

Elle fait établir plusieurs centaines de fausses cartes d’identité, de faux certificats de travail pour les réfractaires et les maquisards.

Son domicile sert de PC pour les réunions et d’entrepôt de matériel pour la propagande et pour les sabotages.

Elle organise des manifestations patriotiques le 14 juillet et le 11 novembre 1943 dans le but de montrer aux Allemands et aux collaborateurs que des habitants de Redon refusent l’occupation allemande et la collaboration. Ils veulent montrer par ces cérémonies qu’ils restent attachés aux valeurs de la France et à son drapeau. Elle veut aussi redonner du courage aux nombreux Français qui sont désespérés et n’osent pas montrer leurs sentiments patriotiques.

Jean Racapé témoigne du courage de Rose Jan: « Grâce à son activité, grâce aussi au développement du Front National de Libération de la France, nous avons pu, dans la région de Redon, avec des jeunes gens réfractaires, former de nombreux groupes mobiles et armés qui sont, par la suite, devenus des phalanges des FTPF dont les actions sont connues dans l’Ille-et-Vilaine:

- Attaques contre les collaborateurs, agents de l’ennemi,

-  Attaques contre les permanences des mouvements vichyssois : PPF, RNP, LVF…

-  Attaques contre les moyens de communications de l’armée allemande : lignes électriques, lignes téléphoniques, voies ferrées, comme la ligne Rennes Redon.

-  Participation de certains Résistants de Redon à la libération des camarades détenus à la prison de Vitré.

Mademoiselle Jan a montré un grand courage dans l’accomplissement de la mission qui lui fut confiée.

Son activité à Redon au cours de l’année 1944 fut interrompue quand les agents de l’ennemi vinrent procéder à l’arrestation des patriotes et elle dut son salut à un départ précipité. »

 

En effet, recherchée par la Gestapo, elle quitte Redon le 31 mai 1944 et vit dans l’illégalité jusqu’à la Libération, le 4 août 1944.

 

                                                        Renée Thouanel-Drouillas

 

Sources : Archives Départementales, ADIV 167J 44