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Catherine GUILLAUDEU

(1891-1975)

Catherine Guillaudeu est née le 21 juillet 1891 dans la Meuse. Elle s’appelle alors Catherine Meyer qu’elle est obligée de transformer en « Mayer » du fait de l’occupation allemande de 1914 à 1918. Son mari, Joseph Lallemand est tué devant Verdun le 16 août 1916.

Elle vient en Bretagne en 1919 et épouse M. Guillaudeu exploitant de la ferme du Grand Tertre en Thorigné ; 3 enfants naissent de cette union.

En 1934, la famille vient s’installer à Rennes comme gérants du « Café de la Place », avenue Janvier. Ils y restent quelques années puis ils déménagent et deviennent gérants du café restaurant « A la descente du Verger », avenue du Mail (devenu plus tard le « Café des Sports »).

C’est là que devait s’exercer l’activité patriotique de Mme Guillaudeu, dès le début de l’occupation allemande. Ne pouvant supporter la présence des Nazis, elle s’implique dans le mouvement du Front National de Libération de la France.

Elle essaie surtout de dissuader les jeunes de partir au STO (Service du Travail Obligatoire), leur fournissant pour cela cartes d’identité, d’alimentation et certificats de travail. Elle place ces réfractaires dans des fermes des environs de Rennes. Elle apporte du ravitaillement à ceux qui vivent dans l’illégalité et les encourage à participer aux combats dans les groupes des FTP de la région.

Elle héberge chez elle et dans les écuries derrière le café, des chefs de la Résistance comme :

-          Elise, René et André Berjon (pseudos : Charlotte, Charles et Auguste),

-          Alfred Leroux (François pendant l’Occupation, devenu ensuite sous-préfet),

-         Danielle, disparue en déportation

-         Henri Delattre, fusillé à Lignières-la-Doucelle

-         André Mériot, libéré de la prison de Vitré, ancien de la 2e DB

-         Louis Pétri (commandant Tanguy, le responsable des FTPF d’Ille-et-Vilaine, appelé aussi « Loulou »),

-         Un des FTPF, blessé au cours d’une opération contre les transports ennemis, est hébergé chez elle pendant 24 heures, avant d’être évacué.

Chez elle, est entreposé du matériel clandestin, journaux et tracts diffusés contre les nazis et les collaborateurs du régime de Vichy.

         Cette activité attire, bien sûr, l’attention de la Gestapo. Peut-être est-elle aussi l’objet de dénonciations ?  Elle est arrêtée le 14 septembre 1943, torturée à la prison Jacques Cartier. Elle est déportée le 14 mars 1944 à la forteresse de Walden en Haute Silésie où elle subit le régime des SS, passant de 80 à 44 Kgs.  

         Libérée par les Russes le 4 mai 1945, rapatriée à Rennes, ayant tout perdu dans la tourmente, c’est avec courage qu’elle reprend son travail à Rennes, Dinard, Paris. Qui ne se souvient de sa petite baraque vendant galettes, saucisses et frites place de la Gare ou au pont de Nantes à Rennes, près de la plage à Dinard ?

         L’âge de la retraite venu, elle s’est retirée à La Richardais où ses enfants et petits-enfants ainsi que ses amis viennent la réconforter.

          Femme de caractère, elle a montré en toute circonstance, sa volonté d’indépendance d’esprit et de décision.

         Yvon Bourges lui a remis la Légion d’Honneur.

 

                                                                  Renée Thouanel-Drouillas

 

Source : ADIV Dossier Pétri 167 J 42.

 

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