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Liste des biographies

François GOULLETQUER

Officier de la Légion d'honneur
Résistant – Déporté
1925-2010

 

 

Né le 1er octobre 1925 à Quimper, il entre en résistance à l'âge de 15 ans, dés 1940, Réseau Confrérie Notre-Dame. Recherché par la Gestapo, essaye en janvier 1943 de rejoindre les Forces Françaises Libres en passant par les Pyrénées. Arrêté tout près de la frontière espagnole, il est longuement interrogé et sauvagement torturé. Condamné à mort le 25 février1943, il est finalement déporté «NN ».« Nuit et Brouillard».Ce qui signifie, sur ordre de Hitler; que toute trace de ces condamnés «NN » doit disparaître. François a survécu à l'enfer. Il est déporté le 12 mars 1943 de Paris, gare de l’Est vers Hinzert. (Matricule: 6389). Son parcours: Moers, Wolfenbüttel , Breslau,  Brandenburg-Görden où il est libéré le 27 avril 1945. A son retour en France, il ne pesait plus que 37kg pour 1,78m.

 Les quelques lignes qui suivent ont été extraites, avec son autorisation, du début de son témoignage écrit. Au moment de son arrestation et avant sa déportation. Combien comme François ont été ainsi martyrisés?

« .. .Ils me remontent dans une  nouvelle pièce que je connaissais pas. Là je vois des machines bizarres. La Gestapo m'attaque d'entrée... me plaquent au mur... ce qui me fait penser que j'étais attaché en croix de Saint-André...je sentais mes bras qui s'étiraient et mes jambes qui s'écartaient. Quand je fus bien tendu le type de la Gestapo qui m'interrogeait d'habitude me dit: "je n'ai rien à dire" il fit signe à l'un de ses acolytes de tourner la roue. Là je me mis à hurler de douleur...j'étais comme étouffé. Il prit une sorte de raquette en osier avec un manche très long...je le vis prendre son élan et de toutes ses forces me frappa le corps. Mon corps à chaque coup que je recevais, faisait comme un bond, indescriptible de douleur. Au bout de quelques minutes, je m'évanouis... Je me réveillai à nouveau en cellule. Le lendemain... nouvel interrogatoire. Pour la première fois, j'entendais le mot terroriste "Terroriste Herr GOULLETQUER, Komme".. . La Gestapo... recommença à m'interroger. "Nous savons que vous .voulez passer en Espagne... Dites nous tout sur votre organisation et il ne vous sera fait aucun mal" Je leur répondit que... nous faisions du tourisme. Aussitôt-je reçus un coup de cravache en pleine figure... "tu nous racontes tout ce que tu sais, ou on te tue, mais auparavant, on va te faire mal." A peine avaient-ils dit cela que je ressentis dans mes ongles une douleur foudroyante: ils venaient de m'enfoncer une aiguille sous mes ongles. "Parlez ou on continue". 'Je n'ai rien d'autre à vous dire. Nous faisons du tourisme en montagne."

Aussitôt je reçus à un autre doigt une aiguille, puis une autre, jusqu'à ce que mes cinq doigts fussent garnis. Inutile de vous dire que je hurlai de douleur. Ensuite, ils s'attaquèrent à l'autre main. Je tombai de nouveau en syncope et je me retrouvai en cellule.....je ne  sentais plus mes mains. Terrible cette souffrance! Je m'écroulai tout seul en syncope... Maintenant, tu vas nous dire, sale chien de Français, tout sur ton organisation" Mais je n'ai rien à vous dire de plus que ce que je vous ai dit". Il ordonne à ses acolytes de me plonger dans la baignoire. Que s'est-il passé ?Je ne saurais le dire. Je me réveillai dans la cellule le surlendemain. Ils reprirent leur interrogatoire, mais cette fois tous les deux, Jacques LAMOUR et moi, nous subissons à notre tour; ou en même temps, leurs supplices... Je ne sentais plus mes mains. Je ne pouvais même pas porter ma gamelle, quand ils daignaient nous donner une soupe comme repas. Du reste, j'aurais été incapable de la manger tellement ma mâchoire me faisait mal. Le 1er février; ils vinrent nous chercher. On se dit: "C'est la fin, ils vont nous tuer !,'Mais nous comprîmes vite que nous quittions Hendaye-Plage... »

Source: Dr Alain Lefort (A confirmer)

 

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