23/09/2016

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GENTIL Joseph

Résistant Déporté

(1921-1976)

A l'issue de la journée nationale des déportés, et quelques jours avant la commémoration de l'armistice de 1945, je souhaite vous livrer le texte du discours d'inauguration du chemin Joseph Gentil, reliant Tihouit au Grand Coin.«La Manifestation qui nous réunit aujourd'hui vient rappeler, souligner l'histoire d'un homme, celle, de Monsieur Joseph Gentil.Ce chemin de randonnée qui relie Thorigne-Fouillard à Betton portera désormais son nom.Nous avons souhaité par cet acte, en cette veille de commémoration de la journée de la déportation, rendre hommage à un homme ainsi qu'aux 140 000 déportés, partis de France lors de la deuxieme guerre mondiale.

Monsieur Joseph Gentil, natif de Feins, passa son enfance à Fouillard. D'une d'une famille de 7 enfants, avec ses parents agriculteurs, il apprendra ce magnifique métier de la terre à la ferme de la Jutauderie. Engagé dans la Résistance il fournissait des renseignements, le 14 octobre 1943, à l'âge de 23 ans, les SS viennent l'arrêter sur dénonciation alors qu'il déjeune avec ses parents, ses frères et soeurs.

Emprisonné à Rennes et par la suite à Compiègne, il fut déporté le 6 avril 1944, au camp de concentration de Mauthausen, appelé comme de nombreux autres "les camps de la mort lente". II subira pendant de longs mois ces épreuves terribles que sont la privation de la liberté, l'humiliation, la souffrance.

En mai 1945, apres 18 mois passés dans les prisons, dans ce camp de la mort, il est débarqué sur un brancard en gare de Rennes, épuisé et très amaigri, le corps recouvert de nombreuses traces de blessures et particulièrement de morsures de chiens. Ce jour-là deux de ses soeurs et un ami ici présents l'attendaient.

Je ne sais pas s'il existe des mots suffisamment forts pour dire, pour crier la douleur de ces femmes et de ces hommes, toujours est-il que pour ceux qui en sont revenus les plaies sont béantes, rien ne peut effacer l'infamie, l'outrage à la dignité humaine.

Son fils me confiait un de ses rares propos sur cette triste époque sur laquelle il était très discret "Si c'était à refaire, je me suiciderais avant", quand on sait comment Monsieur Joseph Gentil aimait la vie, d'un contact chaleureux, d'une grande gentillesse, doté d'une grande force physique l'on peut méditer cette phrase.

De retour en France à la fin de la guerre, meurtri dans sa tête, meurtri dans son corps, il s'installe avec son épouse à la ferme de Caleuvre à Betton où ils auront deux enfants.

Cette exploitation implantée en lisière de la forêt, forêt qu'il connaissait par coeur, était pour Monsieur Gentil tres importante, eile était sans doute le Symbole de la liberté, elle était un rêve porté pendant de longs mois, ne plus être un animal traqué.

Discret, peu bavard sur ses douleurs, i! ne se plaignait j'amais, il ne voulait pas s'afficher, il voulait réapprendre à vivre. Travailleur infatigable, attentif à sa terre et à ses récoltes, il aimait aussi beaucoup avec son épouse partager des repas de famille, retrouver simplement le goût de la vie.

A vous qui êtes venus assister nombreux à cet hommage, quand vous passerez sur ce chemin avec vos enfants, n'oubliez pas de répondre à leurs questions, un enfant est toujours curieux. N'oubliez pas d'expliquer le sens des mots résistant-déporté, n'oubliez pas de leur dire que la liberté est un combat quotidien.

Ce chemin est une trace de l'histoire des hommes, faisons en sorte qu'elle ne s'efface jamais.»

Michel Gautier  Maire    Vice-président du District

    

 

 

 

 

 

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