Ed: 04/10/2016  memoiredeguerre35@yahoo.fr

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BANNETEL Lucienne

 

  

Julienne Henry est née le 3 juin 1892 à Noguet-sur-Oise. Elle épouse Monsieur  Bannetel, jardinier de métier mais employé à la mairie de Rennes car, ayant été blessé pendant la guerre 14-18, il a obtenu un emploi de bureau où il a acquis des responsabilités. Le couple habite 54 rue Danton à Rennes.

         Leur fils unique, Henri, naît le 1er décembre 1918. Il fait de brillantes études et s’implique dans les Jeunesses communistes, ce qui correspond tout à fait aux idées de ses parents.

Dès le début de l’Occupation allemande, la famille est décidée à faire quelque chose pour lutter contre les Nazis.

-         Novembre 1940, Madame Bannetel entre dans le groupe de Résistance du Parti Communiste (alors dans l’illégalité), l’OS (Organisation Spéciale) de Rennes. Son domicile devient un lieu de réunions clandestines des responsables de la Résistance du département et même de la région.

-         Son fils Henri est arrêté la 26 juin 1941 par la Gestapo. Après 15 jours passés à la prison Jacques Cartier de Rennes, il est envoyé à Compiègne avec 3 de ses camarades de Rennes. Là, ils sont considérés comme des otages, c’est-à-dire que les nazis et leurs amis du régime de Vichy ont le droit de vie et de mort sur eux. Les familles ont le droit de leur envoyer quelques colis. Madame Bannetel envoie des colis de nourriture à son fils et aide les autres familles, en difficultés financières, à remplir leurs colis car, de toute façon, les prisonniers mettent leur ravitaillement en commun.

-         Henri est fusillé au Mont-Valérien le 15 décembre 1941 et, pour ses parents, c’est un choc terrible. Madame Bannetel cesse ses activités pendant quelque temps. Mais très vite, elle reprend contact avec la Résistance, plus résolue que jamais à lutter contre les occupants.

-         De 1942 à la Libération, elle abrite à son domicile des responsables régionaux et interrégionaux FTP de Bretagne et de Normandie. Elle collecte du ravitaillement pour les maquisards d’Ille-et-Vilaine, participe à la diffusion de la presse clandestine, distribue des faux papiers d’identité aux Réfractaires et aux FTP.

-         Elle assure les liaisons avec les interrégionales femmes, elle les aide dans leur travail de formation des groupes de Résistance.

-         Elle entrepose à son domicile du matériel (armes, explosifs…).

 Le commandant Pétri (alias Tanguy ou Loulou) conclut ce rapport ainsi : « Femme d’un grand courage, patriote, active et généreuse. Malgré l’arrestation et la mort de son fils, elle a continué son activité de Résistante ».  

         Après la guerre, Madame Bannetel ne cessera pas d’aider les familles de Fusillés ou de Déportés dans leurs démarches administratives ou dans leur vie quotidienne. Elle luttera jusqu’à sa mort, en 1961, pour rappeler le souvenir des luttes de la Résistance et, en particulier, des hommes et des femmes qui ont donné leur vie pour que nous vivions libres.

 

                                                                  Renée Thouanel-Drouillas

 

                                                        Source : ADIV Fonds Pétri 167 J43